Les algorithmes des réseaux sociaux, des bulles d’idéaux et de valeurs sociales ?

Trouvant une utilité majeure dans notre quotidien et de notre paysage social, les réseaux sociaux et les médias prennent une place importante dans notre manière de consommer, de se divertir, de communiquer ou de produire. Nos usages du numérique sont alors rythmés par des dispositifs techniques propres à chaque plateforme et fondamentalement structurées par un algorithme qui propose une récurrence de contenus plus pertinents aux yeux des utilisateurs. Analyser nos réactions personnelles, les statuts, commentaires, likes sont autant de modules que les algorithmes prennent en compte pour dynamiser la recherche ou optimiser le business. Mais, jusqu’à où peuvent-ils s’introduire et utiliser nos données personnelles ? Pouvons-nous affirmer que les algorithmes des réseaux sociaux nous encerclent dans une bulle d’idéaux et de valeurs sociales ? Certaines plateformes accèdent alors directement à nos informations, fonctionnent par statistiques et se revendiquent comme étant “l’expansion et le miroir de nous-même”. 

L’algorithme Timeline de Facebook :

Cet algorithme fait partie de ceux qui peuvent influencer nos vies de façon significative. Cependant, nous pouvons observer qu’il existe un ensemble d’algorithmes qui nourrissent la Timeline de Facebook et que ces algorithmes déterminent les contenus comme les photos, vidéos ou textes qui nous sont affichés dans l’espace le plus fréquenté du réseau social : le mur. En fonction d’une importante série de paramètres tels que les goûts personnels, notre cercle d’amis, nos réponses et réactions, les algorithmes ont le pouvoir de décider quel contenu va nous montrer le réseau social, mais aussi dans quel ordre. Ainsi, EdgeRank est l’algorithme qui fonctionne par affinités et qui rend visible les publications susceptibles de nous intéresser en priorité sur le mur. L’objectif est d’améliorer l’expérience-utilisateur. 

L’algorithme PageRank de Google :

Celui est l’un des plus utilisés au monde. En effet, il correspond à l’ensemble des algorithmes utilisés par Google et permet de déterminer l’importance et la pertinence des documents  » indexés » par leur moteur de recherche ainsi qu’un classement des pages web. Quand on effectue des requêtes sur le moteur, il fait partie d’un des éléments qui permet d’affiner les résultats de recherche. Et il permet de mesurer quantitativement la popularité d’une page web. 

L’algorithme d’Instagram :

Cet algorithme a été créé en 2016, et celui-ci hiérarchise le contenu des flux de chaque utilisateur, mais en prenant en compte les préférences de ces derniers, par rapport aux publications aimés par exemple.

Cet algorithme a été créé en 2016, et celui-ci hiérarchise le contenu des flux de chaque utilisateur, mais en prenant en compte les préférences de ces derniers, par rapport aux publications aimés par exemple.

Néanmoins, nous avons pu remarquer qu’Instagram pouvait supprimer la visibilité des messages ou encore des publications qui ne nous intéresse pas en les  » réduisant  » dans le flux. De plus, cet algorithme prend en compte des facteurs pour afficher les publications, tels que ; la pertinence du compte et l’engagement sur ce réseau social. 

Un autre algorithme, Netflix et YouTube

Le fonctionnement de l’algorithme de YouTube s’adresse à ceux qui créent du contenu et ceux qui le visionnent. Premièrement, il est difficile pour un nouvel arrivant de se forger une place car le système met en avant les chaînes qui ont un nombre conséquent d’abonnés. Mais la plateforme prend en compte d’autres paramètres tels que la fréquence de publication qui apportera une meilleure visibilité publique ainsi que la longueur du temps de la vidéo. En tant qu’internaute passif, il est surtout possible de suivre des chaînes et vidéos accessibles rapidement sur la page d’accueil ou en lecture automatique. 

Dans la même idée, l’algorithme Netflix est plus ou moins similaire à celui de YouTube puisqu’il propose des films ou séries similaires à ceux qui ont été déjà vu auparavant par l’utilisateur. Il s’agit des recommandations et de suggestions. Par ailleurs, une nouvelle branche à cet algorithme est dévoilée et elle tend à stocker les données des différents profils sur un même compte c’est-à-dire leurs centres d’intérêts en fonction de ce qu’ils visionnent afin de baser les similitudes entre eux. Ils apparaîtront mutuellement sur chaque compte car Netflix juge que les utilisateurs qui partagent un même compte partagent aussi des centres d’intérêts plus ou moins similaires. 

Néanmoins, certains algorithmes voudront influencer nos recherches pour nous amener à consommer et d’autres peuvent aussi nous influencer sur nos modes de vie. Facebook et Instagram sont, comme nous l’avons vu, des réseaux sociaux très utiles quand ils utilisent des algorithmes pour classer la pertinence en fonction des préférences de contenus. En revanche, Instagram, contrairement à Facebook est plus poussé puisque qu’il supprime certains contenus que l’on ne désirerait pas forcément. La base de ces algorithmes est finalement la même que celle d’une plateforme comme Netflix ou YouTube quimarchent par recommandations en fonction de l’historique de visionnage. Ce qui fait la différence entre les deux, c’est que YouTube reste tout de même un réseau social collaboratif et que son algorithme est élaboré aussi pour que la visibilité des contenus des créateurs soient mis en valeur sous certains paramètres à respecter. Points forts de ces systèmes.

Or, ces algorithmes peuvent être remis en question. Agissants dans notre quotidien virtuel, ils peuvent favoriser les tendances politiques et donc les élections et à cette heure-là, aucune régulation n’a encore été mis en place. Selon des études réalisées, ils peuvent aussi nettement influencer l’utilisateur en fonction de la fréquence de répétition d’une information par exemple. L’opinion alors influencé par ces grosses firmes qui dirigent ces algorithmes, pourrait donc poser un problème dans la perspective d’une démocratie ou la valeur de la liberté d’expression est primordiale. Considéré alors comme “influenceurs d’opinion”, ils enfermeraient l’utilisateur dans des bulles d’idéaux que lui-même a choisi, sans qu’il puisse s’en sortir et s’ouvrir à d’autres projections et horizons. 

Les publicités personnalisées s’appuient sur ce principe d’algorithme qui encerclerait l’internaute dans sa bulle de préférences. YouTube, par exemple, propose sa lecture automatique des vidéos qui s’enchaînent les unes après les autres mais qui restent dans la dynamique d’abonnements délibérément choisis, des contenus qui s’en rapprochent ainsi que des vidéos les plus populaires. Un récent témoignage nous raconte que son expérience avec la musique de YouTube fut très décevante pour lui lorsqu’il avait décidé de lancer une musique de variété, peu connue, et qu’au fils des heures, il se retrouvait face à de grands artistes mondialement renommés qu’il n’avait en aucun cas envie d’écouter. On remarque donc que plus importantes sont les chaînes et les vidéos, plus visibles elles seront et que les minorités qui tentent de se forger une place, ne pourrons compter que sur leur propre communication

Les algorithmes sont alors omniprésents dans notre quotidien et parfois nous nous en rendons même plus compte. Indispensables à Internet, il en existe de nombreux qui peuvent avoir des points communs dans leur buts finaux : une stratégie de contenus qui pourrait nous attirer facilement ou encore nous aider à cibler nos recherches sur internet. Ces algorithmes utilisent donc différents paramètres propres à nous-même. En revanche, ils favoriseraient involontairement notre vision, notre opinion, notre quotidien en fonction de ce qu’ils nous présentent et de ce que nous leur avons inculqué

Merci d’avoir lu notre article, 

Chloé Trombetta, Edith Granon et Léna Eberhardt. 

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