L’avis JV du jour : I Have No Mouth, And I Must Scream

Aujourd’hui, dans “l’avis JV du jour”, je vais vous parler d’un vieux jeu que vous ne connaissez surement pas (ou alors ce serait surprenant, donc vous pouvez venir vous faire remarquer dans les commentaires 😉 )

I Have No Mouth, And I Must Scream est une nouvelle de science-fiction d’Harlan Ellison qui a reçu pour l’occasion le Prix Hugo en 1968 (LA récompense des meilleures œuvres littéraires de science-fiction). Mais c’est aussi un jeu d’aventure PC point & click dont je vais vous parler. Il est inspiré du livre, et est sorti en 1995 développé par Cyberdreams. Un titre long et inquiétant pour un jeu sublime mais malheureusement trop peu connu.  

Synopsis : Le monde a été détruit par A.M, un ordinateur surpuissant créé par les humains. Cependant, A.M a décidé de garder en vie et captifs, 5 humains auxquels il fait subir les pires sévices. Voilà 109 ans que Ellen, Gorrister, Nimdok, Benny et Ted, rendus immortels, doivent partager leur quotidien avec l’ordinateur. L’aventure démarre par un « jeu » lancé par A.M qui propose aux 5 personnages de les libérer s’ils arrivent à terminer chaque quête qu’il leur a préparé. Le joueur doit alors choisir avec quel personnage il va démarrer l’aventure. Dès que ce dernier aura terminé son scénario, le joueur devra en choisir un autre jusqu’à ce qu’il n’en reste plus. L’aventure se termine ainsi en plein cœur d’A.M où le joueur devra choisir un personnage souhaitant mettre fin à tout ce chaos.

https://fr.wikipedia.org/wiki/I_Have_No_Mouth,_and_I_Must_Scream

« HATE. LET ME TELL YOU HOW MUCH I’VE COME TO HATE YOU SINCE I BEGAN TO LIVE. THERE ARE 387.44 MILLION MILES OF PRINTED CIRCUITS IN WAFER THIN LAYERS THAT FILL MY COMPLEX. IF THE WORD HATE WAS ENGRAVED ON EACH NANOANGSTROM OF THOSE HUNDREDS OF MILLIONS OF MILES IT WOULD NOT EQUAL ONE ONE-BILLIONTH OF THE HATE I FEEL FOR HUMANS AT THIS MICRO-INSTANT FOR YOU. HATE. HATE. »

Ce texte annonciateur de l’ambiance qui va suivre dans le jeu est la première chose qui s’invite au joueur. Celle-ci est, à l’image du jeu, totalement inquiétante. Le scénario est bien ficelé, fidèle à la nouvelle et parfaitement dérangeant. Les musiques et le sound design en général embellissent le contexte, le rendant encore plus glauque et effrayant. Les voix des personnages sont très bien doublées, chose assez rare à l’époque. La détresse et les mésaventures des protagonistes se font très bien ressentir, comme si l’on traversait avec eux leurs tourments. Quant à la voix d’AM (Le « grand méchant », doublée par Harlan Ellison en personne), elle ne pouvait qu’être mieux représentée. On sent vraiment toute la haine, la perversité, le sadisme et sarcasme de la machine. Les décors sont torturés, voir très malsains. Ils inspirent tous la peur, le dégoût, l’angoisse et le malaise. Dans IHNMAIMS vous l’aurez compris, il n’y a pas de place à l’humour (quoique peut-être l’humour noir d’AM et la manière dont il s’amuse à tourmenter ses prisonniers) et à la joie. Rien d’extraordinaire concernant le gameplay qui reste assez classique au point & click de l’époque. A noter tout de même, que le jeu est assez difficile dans son ensemble.

Malgré des graphismes grossiers et pixelisés, le jeu arrive à faire peur. Comme quoi, il n’y pas forcément besoin de 3D et de “jump-scare” ; n’en déplaise aux fans des jeux d’horreurs modernes tel qu’Outlast ou Amnesia. Un scénario, un narrative design, un sound design et une direction artistique bien exécutés suffisent à créer une ambiance horrifique.

C’est un des rares jeux où j’ai ressenti une aussi forte expérience, que je qualifierai de “dérangeante”. Je me suis souvent surprise dégoutée et mal à l’aise face à ce que je voyais ou ce que je lisais, souvent prise de pitié pour les personnages torturés. C’est un  jeu qui ne laisse pas indifférent et qui, narrativement m’a marqué. Les scènes sont choquantes, très explicites. La perversité et le sadisme d’AM sont au-dessus de bien d’autres ennemis dans le jeu vidéo.

Pour conclure :

IHNMAIMS est un jeu étrange qui ne plaira pas à tout le monde, mais qui vaut le détour ne serait-ce que pour son scénario. C’est une expérience dont on se souvient et qui ne laisse pas le joueur de marbre. Si vous aimez les jeux narratifs originaux, l’horreur, la science-fiction et que les jeux old-school ne vous effraient pas, foncez ! 

PS : Amis francophones, préférez la version anglaise. En effet, la nôtre est censurée et enlève une grosse partie du jeu (un personnage tout de même et l’impossibilité de terminer avec la bonne fin). De plus, les doublages anglais sont de meilleure qualité.

Vous pouvez acheter le jeu sur :

Steam : https://store.steampowered.com/app/245390/I_Have_No_Mouth_and_I_Must_Scream/

GOG : https://www.gog.com/game/i_have_no_mouth_and_i_must_scream

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